Présentation

Même si l'Antiquité romaine fut une période rude et souvent implacable pour beaucoup d'êtres humains, nous ne pouvons nier que dans de nombreux domaines la civilisation romaine fut innovante et même fascinante. Si Rome a conquis nos terres à la force du glaive pour imposer ensuite son pouvoir sous la férule des légions et de son administration centralisée, elle nous a aussi légué sa culture et, pour ce qui nous intéresse dans ce blog, son savoir-faire en matière d'urbanisme, d'architecture et de construction. C'est précisément ce domaine des habitations romaines typiques des campagnes, les villae, que je vous invite à découvrir ensemble.

samedi 17 février 2024

Conférence sur les villas romaines

 Le 15-03-2024


Conférence villas d'ici et d'ailleurs...

Par Philippe LAVAL


Le 15 mars nous recevrons M. Philippe Laval, passionné d'Antiquité pour une conférence sur les villas gallo-romaines d'ici et d'ailleurs.

Même si l'Antiquité romaine fut une période rude, elle fut néanmoins innovante et même fascinante dans de nombreux domaines. Si Rome a conquis nos terres à la force du glaive, elle nous a aussi légué sa culture et son savoir-faire en matière d'urbanisme, d'architecture et de construction. C'est précisément ce domaine des habitations romaines typiques des campagnes, les villae, que notre orateur nous invite à découvrir...


Quand ? Le 15 mars 2024 à 19h30

Où ? La Maison des Mégalithes de Wéris

Place Arsène Soreil, 7, 6940 - Wéris

Infos et réservations 086 21 02 19 ou info@megalithes-weris.be

Lien : https://www.megalithes-weris.be/agenda-afficher.php?a=106

vendredi 2 février 2024

La villa gallo-romaine d'Anthée

La plus vaste villa gallo-romaine découverte en Wallonie reste, à ce jour, celle d'Anthée sur la Commue d'Onhaye. Longue de 642 mètres, pars rustica comprise, sa largeur atteignait 212 mètres. Elle est de ce fait classée « type 1 » dans la typologie des « Grandes villae à pavillons multiples alignés »1.

Fig. 1 Plan du domaine bâti

Cette villa fut mise au jour en 1863, puis fouillée jusqu'en 1872 par le chamoine Charles Grosjean pour le compte de la Société archéologique de Namur.

Situé sur un plateau du Controz, entre les villages d'Anthée et Morville, le site se trouve à quelques lieues seulement de l'ancienne voie romaine Bavay-Trèves. Un vieux chemin traversant d'Est en Ouest la pars rustica semble, d'ailleurs, se diriger vers le Nord pour rejoindre cette chaussée. Ce diverticule comporte des ornières sur une partie de son tronçon.

Le domaine bâti, dont il ne reste que des vestiges enterrés, était divisé en deux parties par un mur. La pars urbana se trouvait à l'Ouest, et les différents bâtiments de la pars rustica bordaient les deux côtés d'une cour allongée s'étirant vers l'Est. Le tout était enclos d'un mur et occupait une superficie de quelque 12 hectares !

Un petit fanum de forme carré avait également été repéré à 200 mètres au Sud de la villa. Il faisait vraisemblablement partie intégrante du domaine.

Fig. 2 Plan de la pars urbana
Avec une façade de près de 107 mètres de long orientée à l'Est, la résidence du maître était dotée de deux portiques à colonnades à l'Est et à l'Ouest qui donnaient accès à 114 pièces2. Certaines d'entre elles étaient décorées de mosaïques, de fresques, d'enduits peints et de marqueteries en marbre, témoins évidents de la richesse des propriétaires.

Les occupants du domaine disposaient également de trois ailes de bains (thermes) : une au Nord et au Sud du corps de logis et une troisième, indépendante du bâtiment principal, au Nord de celui-ci, ainsi que de plusieurs locaux chauffés par hypocaustes.

L'alimentation en eau était assurée par deux sources : celle du « Fond des Noisetiers », située à 1675 mètres à l'Ouest de la villa, et celle nommée « Al Tavienne » distante de 1250 mètres au Sud.

Des vingt bâtiments de la pars rustica certains étaient réservés à l'hébergement des ouvriers, alors que d'autres étaient des écuries, des granges, des étables, des réserves pour les denrées et des ateliers, dont deux destinés au travail de la métallurgie du fer et du cuivre.

D'après le mobilier archéologique récolté jadis, la villa semble avoir été bâtie au milieu du premier siècle de notre ère, et aurait subsisté jusqu'au début du IVe siècle, avec peut-être un abandon temporaire durant le dernier quart du IIIe siècle, en raison d'un hiatus dans le monnayage pour cette période. (Une monnaie de Valens [365-378] trouvée dans un bâtiment de la pars rustica témoigne cependant d'une fréquentation du site après son abandon).


Fig. 3 Lion en pierre servant de fontaine © DR

Mais, les découvertes les plus remarquables sont, sans nul doute, la sculpture en « ronde-bosse » d'un lion en pierre calcaire qui devait servir de fontaine dans la cour d'honneur de la villa3, et des mosaïques à motifs géométriques4, malheureusement abîmées par d'anciens travaux agricoles.


Fig. 4 Mosaïques à motifs géométriques

De façon plus anecdotique, il faut aussi mentionner la présence d'un grand nombre d'écailles d'huîtres trouvées dans la pars urbana, indices évidents de l'opulence des propriétaires.

Enfin, une intervention archéologique préventive a été menée l'été 2014 par le SPW5 dans une zone de la pars rustica qui n'avait pas été fouillée autrefois. La raison de cette intervention répondait aux travaux de transformation d'une ancienne ferme avec l'aménagement d'un parking qui aurait pu endommager les substructions non encore mises au jour. Les résultats des fouilles ont complété et confirmé les données recueillies au XIXe siècle.

Notes :

1. Revue archéologique de l'Est : https://journals.openedition.org/rae/6217

et Fig. 1 : plan du domaine bâti.

2. Fig 2 : plan de la pars urbana.

3. Fig. 3 Sculpture en pierre d'Euville (Meuse, France), H. 76 cm, L. 84 cm, l. 35 cm, IIe siècle, photo © DR, Musée Archéologique de Namur.

4. Fig. 4 Mosaïques à motifs géométriques de la villa d'Anthée, Musée Archéologique de Namur.

5. « Les Nouvelles de l’Archéologie, n° 37, Janvier - Février - Mars 2015 »

Bibliographie :

- Delaunois E. & Hannut F. 2015. Nouvelle campagne archéologique sur la villa d'Anthée (Onhaye, Namur), ASAN, t. 89, p. 21-49.

- Del Marmol E., 1881, Villa d'Anthée, ASAN, t. 15, p. 1-40.

- Del Marmol E., 1877, Villa d'Anthée, ASAN, t. 14, p. 165-194.

(Résumé rédigé d'après les différentes sources ci-dessus. Je remercie la Société archéologique de Namur pour son aide).

Ph. Laval

mercredi 15 novembre 2023

Présentation du roman historique : "Un poète au palais"

C'est avec grand plaisir que je vous annonce la réédition au format "livre de poche" de mon roman « Un poète au palais », écrit sous le pseudonyme de Jacquy Mengal.

Le récit met en scène Florian, un jeune esclave récemment affranchi, qui est le témoin et l'acteur d'une aventure où la fiction se mêle à l'histoire authentique. Son périple le conduira de Bordeaux à Trèves en compagnie de son ancien patron, le poète Ausone, devenu son ami, et de sa famille.
Cette tranche de vie se déroule au IVe siècle, dans une Europe en plein bouleversement où les cultures latine et germanique se rencontrent. Un temps où les grands flux migratoires venus de l'Est font vaciller les fondements de l'Empire romain que d'aucuns croyaient éternel. Mais, ce fut aussi une époque de transition, lorsque l'Antiquité païenne céda la place au Moyen Âge chrétien.

Bien que l'histoire se déroule à la fin de l'Antiquité romaine, le lecteur ne manquera certainement pas de reconnaître quelques similitudes entre les préoccupations des hommes de l'époque et celles que nous rencontrons aujourd'hui. Comme dit le proverbe : « Rien de nouveau sous le soleil ».

Je vous souhaite, d'ores et déjà, une bonne lecture à tous et toutes !

Ph. Laval (Jacquy Mengal)

dimanche 24 septembre 2023

La villa gallo-romaine d'Ôjète à Gerpinnes

Une découverte inédite (Texte : Thierry Frippiat)

Gerpinnes, 1872. À quelques centaines de mètres du village, sur le versant septentrional du vallon d’Ôjète, les socs des charrues exhument sans cesse des débris de tuiles. Les anciens racontent qu’en des temps éloignés, des villageois ont extrait de cette terre d’imposantes pierres de taille, dont ils firent des seuils de portes ou des mangeoires pour le bétail. D’où ces vestiges peuvent-ils bien provenir ? Peut-être d’un ancien moulin. Cela expliquerait le nom de ce bout de campagne que l’on appelle « Moulinia ». Une vieille tradition prétend quant à elle que des nonnes habitaient les lieux au Moyen Âge. S’agirait-il des ruines d’un ancien monastère ?

S’il est dans la bourgade un esprit dont ces mystères éveillent la curiosité, c’est bien Léopold Henseval. En sa double qualité de bourgmestre et d’antiquaire, il fait part de ses soupçons à la Société de Paléontologie et d’Archéologie de Charleroi. Très vite, une campagne de fouilles est organisée. Les vestiges qu’elle dévoile sont ceux de l’une des plus grandes villas gallo-romaines connues dans le nord du continent à cette époque. L’ensemble comprend une pièce souterraine d’une rare conservation qu’il importe de préserver : le terrain occupé par cette cave est cédé par son propriétaire, M. de Bruges, à l’État belge, qui finance la construction d’un bâtiment de couverture. Les archéologues mettent également au jour une dizaine de sépultures franques.



1° En 1872, une campagne de fouilles met au jour les fondations d’une
 importante villa gallo-romaine sur le versant nord du vallon d’Ôjète
.

Dans les campagnes de l’Entre-Sambre-et-Meuse

La conquête des Gaules par Jules César (58-51 av. J.C.) fait de l’Entre-Sambre-et-Meuse un territoire romain. Au début de son principat, l’empereur Auguste (27 av. J.C.-14 ap. J.C.) fournit aux contrées nouvellement conquises leur première organisation administrative. Dès cette époque, la future terre de Gerpinnes ressort de la cité des Tongres, d’abord partie de la Gaule belgique puis, à partir de la fin du Ier siècle, de la province de Germanie inférieure. Elle s’insère entre deux itinéraires majeurs aménagés à l’époque d’Auguste : Bavay-Tongres-Cologne (au nord) et Bavay-Dinant-Trèves (au sud). À proximité, coulent également deux rivières importantes : la Sambre (nord) et la Meuse (est). Ces grands axes de communication terrestres et fluviaux sont accessibles via un réseau de routes secondaires. Il ne fait aucun doute que l’un de ces tracés passe non loin du site d’Ôjète.


2° La villa d’Ôjète, toute proche d’une route secondaire, se situe à environ
 10 km de la Sambre et 15 km de l’importante voie reliant Bavay à Trèves.

Dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, territoire résolument rural et caractérisé par une forte dispersion de l’habitat, la romanisation progresse lentement. Les centres d’exploitation agricole d’origine pré-romaine se maintiennent et il faut attendre la seconde moitié du Ier siècle ap. J.C. pour voir apparaître le modèle de la villa gallo-romaine. Ce dernier, fruit du savoir-faire romain, entend répondre à des réalités économiques nouvelles. Son plan est régulier et les matériaux durs doivent assurer la longévité des infrastructures les plus importantes.

La villa gallo-romaine est non seulement un lieu de résidence, mais aussi un centre de production. Elle comprend à la fois une partie résidentielle, des infrastructures dédiées à la production agricole ou à l’élevage (greniers, étables,…) et des ateliers visant à en assurer l’auto-subsistance (forge,…). Pour cette raison, la villa est normalement divisée en trois espaces : la résidence des propriétaires (pars urbana), les infrastructures de production et d’exploitation (pars rustica) et les bâtiments à provisions (pars fructuaria).

Plan général de la villa

Les fouilles menées dans les années 1870 n’ont probablement pas révélé l’entièreté des fondations de la villa d’Ôjète, dont seule la pars urbana est connue. Le plan montre également qu’en plusieurs endroits, les fondations ont été détruites. Quant aux techniques mobilisées par les fouilleurs amateurs du XIXe siècle, elles étaient bien moins affûtées que celles des archéologues d’aujourd’hui. Dès lors, il faut se satisfaire de données très partielles pour tenter de comprendre l’histoire des bâtiments. Il est tout de même acquis que la villa a connu au moins deux incendies ou destructions : lors des fouilles, le sol de la pièce souterraine a révélé trois couches de ciment et de débris séparées par deux épaisseurs de cendres. Le complexe pourrait s’être développé en plusieurs phases, à partir d’un premier ensemble élevé à la fin du Ier siècle ou au IIe siècle.

Le noyau primitif de la villa, dont faisait partie la pièce souterraine visible de nos jours (1), était situé au nord. Il s’articulait autour d’une vaste cour (2) et pourrait lui-même avoir connu des agrandissements et des transformations. Un portique, c’est-à-dire une galerie couverte dont le toit est en partie supporté par des colonnes, courait peut-être sur le pourtour de cet espace, ainsi qu’à l’extérieur de l’enceinte côté nord. Plusieurs indices suggèrent que les ailes occidentale et méridionale de l’édifice comportaient un étage. La pièce 3 se trouvait au sous-sol et était accessible depuis la cour ; peut-être s’agissait-il d’une autre cave. La salle 4 comporte une abside, laissant penser qu’il pouvait s’agir d’un séjour ou d’une salle à manger. Quant à l’avant-corps 5, celui-ci devait être garni de colonnes d’ordre dorique, dont des débris ont été retrouvés à proximité. Une structure semblable lui répondait peut-être par symétrie, à l’angle sud-est du quadrilatère. Enfin, des fragments d’enduit peint (rose, jaune et rouge) ont été trouvés dans les salles marquées d’un 6. Certains murs étaient visiblement ornés de grands tableaux encadrés par des lignes parallèles de plusieurs couleurs. Les parois de ces pièces sont néanmoins apparues couvertes de plâtre. Il pourrait dès lors s’agir de magasins ou des appartements des serviteurs, tandis que les éléments peints proviendraient de pièces plus luxueuses situées à l’étage, peut-être les appartements des propriétaires.



3° Plan général de la villa gallo-romaine d’Ôjète

Un deuxième ensemble de bâtiments, tout aussi imposant, se détache au sud : le complexe thermal. Il pourrait résulter d’un agrandissement tardif de la villa primitive. Dans plusieurs salles (7), les fouilles ont fait apparaître un système de chauffage par hypocauste. Grâce à l’action de plusieurs foyers ou praefurnia (8), de l’air chaud s’engouffrait sous le pavement, surélevé au moyen de piles de briques carrées superposées. Des bouches horizontales et un réseau de briques creuses pratiqué dans les murs permettaient la circulation et l’évacuation des gaz chauds. Ce système réchauffait également le bain chaud, dit caldarium (9), séparé du bain froid ou frigidarium (10) par un muret. Ces bains étaient munis d’un système de canalisations permettant leur vidange. Le sol des espaces 11 et 12 était couvert d’un stuc très soigné. Ce vaste ensemble était dédié à la fois à la détente et aux loisirs, peut-être aussi à l’accueil de convives et aux réunions. Le lit du ruisseau s’est déplacé au fil des siècles et a entamé les fondations de cet ensemble. Au nord, il faut finalement noter la présence de trois murs épais en équerre : il pourrait s’agir d’un silo à grains (13).

La pièce souterraine

Des vestiges mis au jour dans les années 1870, seule une pièce souterraine est encore visible, tandis que le reste des fondations est retourné à la terre. Son état de conservation remarquable et le caractère exceptionnel que revêtait sa découverte pour l’époque motivèrent l’État à acquérir la parcelle et à prendre les mesures nécessaires pour la préservation du site. Longue de 6,15 mètres et large de 5,50 mètres, cette salle présente des parois en appareil romain soigné, formé de rangs de pierres taillées rythmés par des cordons de briques. Onze niches y ont été aménagées. Entre celles-ci, on remarque des ornements faits de pierres blanches disposées en croix. La pièce comporte un soupirail au nord et était autrefois surmontée de voûtes en plein cintre. Un stuc poli, établi à même la roche, en formait le sol. De nombreux débris ont été retrouvés, provenant des étages supérieurs. Parmi ceux-ci, on dénombre des épingles à cheveux, des tesselles de marbre issues d’une mosaïque et des fragments d’enduits peints.



4° Après un sommeil d’une quinzaine de siècles, la pièce souterraine réapparaît
 lors des fouilles du XIXe siècle, dans un parfait état de conservation.

La question de l’usage de cette pièce a divisé les archéologues dès l’époque des fouilles. Se refusant à y voir une « vulgaire cave », ceux-ci n’ont pas manqué d’imagination. Pour certains, il s’agissait d’une sépulture de famille dont les niches auraient pu accueillir des urnes cinéraires. Pour d’autres, cette pièce aurait été un laraire, soit un sanctuaire dédié aux Lares, divinités protectrices du foyer. Les érudits ont également pensé que des chrétiens avaient peut-être désigné cette pièce comme lieu de réunion et qu’ils auraient voulu purifier l’emplacement en pratiquant des croix blanches dans les parois. Ces hypothèses ne sont plus admises aujourd’hui. Il est très probable qu’il s’agissait uniquement d’un cave (cella) destinée au stockage des denrées alimentaires.

Étude réalisée avec la collaboration de M. Anthony Peeters.

Illustrations

1. Lithographie : la fouille de la villa belgo-romaine de Gerpinnes. L. de Glymes, L. Henseval et J. Kaisin, « Rapport sur la fouille de la villa belgo-romaine de Gerpinnes », dans Documents et rapports de la Société paléontologique et archéologique de Charleroi, VII, 1873, p. XCIII-CXL, pl. II.

2. Carte : l’Entre-Sambre-et-Meuse et le réseau routier gallo-romain. © Cercle d’Histoire et de Généalogie de Gerpinnes, 2018.

3. Plan : villa gallo-romaine d’Ôjète à Gerpinnes. © Cercle d’Histoire et de Généalogie de Gerpinnes, 2018.

4. Photographie : cave de la villa gallo-romaine d’Ôjète. Universiteitsbibliotheek Gent. Lien : https://lib.ugent.be/en/catalog/rug01:001026786

Citer cet article

«Villa gallo-romaine d’Ôjète à Gerpinnes », dans Cercle d’Histoire et de Généalogie de Gerpinnes, Gerpinnes. Histoire et Patrimoinehistoiregerpinnes.wordpress.com.

Mis à jour le 9 février 2020.