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| Fig. 1: Plan de la villa |
Les
vestiges de la villa romaine de la place Saint-Lambert ont été mis au
jour en 1907 par l'Institut archéologique liégeois. Entre 1977 et
1984 l'Université de Liège y a effectué des fouilles préventives,
puis l'Institut du Patrimoine wallon, sous la direction scientifique
du Service de l'Archéologie de la Région wallonne, a complété
l'étude des vestiges entre 2005 et 2007.
Ce travail de recherche a permis de mieux comprendre l'ensemble des vestiges et son environnement.
La
villa, de type classique pour le nord de la Gaule, mesurait 54 m sur
35 m. Un
escalier monumental situé à l'est donnait accès à un portique qui
s'ouvrait sur plusieurs locaux ainsi que sur une grande cour
intérieure centrale non-couverte de 16 m sur 13,60 m. Cinq pavillons
imposants, dont quatre situés aux angles de l'édifice, conféraient
à l'ensemble du bâtiment une allure massive et symétrique.
Pour
éviter les risques de crues de la Légia toute proche, le bâtiment
était légèrement surélevé par rapport au terrain environnant, ce
qui le rendait plus imposant encore.
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Fig. 2: Evocation de la villa, façade arrière (capture d'écran de la vidéo de présentation à l'Archéoforum de Liège) |
Si
la vocation des différents locaux est difficile à appréhender, le
pavillon situé au nord-ouest était destiné aux bains ; il
comportait une pièce chauffée sur hypocauste.
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| Fig. 3: Hypocauste de la villa, ©
SPW-AWaP |
Les
pièces intérieures n'étaient pas toutes au même niveau et
quelques remaniements ont été observés dans certaines pièces. La
façade d'entrée était orienté au nord-est, probablement en raison
de la beauté du paysage, alors qu'une orientation sud-est était plutôt préconisée par les architectes de l'Antiquité.
Le
mobilier archéologique découvert lors des fouilles a révélé une
occupation qui va de la fin du Ier siècle ap. J.-C. à la moitié du
IIIe siècle. Or, nous savons que dès la seconde moitié du IIIe
siècle bon nombre d'établissements romains ont subi les ravages des
raids barbares. C'était probablement le cas pour notre villa
liégeoise. Néanmoins, une occupation sporadique au IVe siècle a été
constatée dans une des pièces.
Enfin,
le site, déjà fréquenté au cours de la préhistoire, avait
également attiré les hommes du Haut Moyen-Âge, après la période
romaine. Le premier édifice religieux sera même érigé sur les
vestiges de la villa au VIIIe siècle.
A présent, les vestiges, conservés au sein de l'Archéoforum de la Place Saint-Lambert à Liège, peuvent être visités aux heures d'ouverture du Musée.
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Fig. 4: Plan des vestiges du Haut Moyen-Âge et de la villa Infographie : Anne Mélon - AWunP. |
Résumé
d'après un texte de D. Henrard, P. Van Der Sloot et J.-M. Léotard
dans Archéologie de la Picardie et du nord de la France
(Revue du Nord, T, 90, 2008, N° 378, P. 159-174).
Fig. 1: copie de la page 168 du texte mentionné ci-dessus.
Fig. 4: plan copié dans l'article : Sainte-Marie-et-Saint-Lambert de Liège: Approche archéologique de la cathédrale dite ''Notgérienne'' et de ses antécédents du Haut Moyen-Âge, par Denis Henrard et Jean-Marc Léotard.
Ph. Laval