Présentation

Même si l'Antiquité romaine fut une période rude et souvent implacable pour beaucoup d'êtres humains, nous ne pouvons nier que dans de nombreux domaines la civilisation romaine fut innovante et même fascinante. Si Rome a conquis nos terres à la force du glaive pour imposer ensuite son pouvoir sous la férule des légions et de son administration centralisée, elle nous a aussi légué sa culture et, pour ce qui nous intéresse dans ce blog, son savoir-faire en matière d'urbanisme, d'architecture et de construction. C'est précisément ce domaine des habitations romaines typiques des campagnes, les villae, que je vous invite à découvrir ensemble.

Affichage des articles dont le libellé est Villas en France. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Villas en France. Afficher tous les articles

mercredi 5 novembre 2025

Découverte d'une villa romaine au sud d'Auxerre

Les vestiges d'une villa gallo-romaine de quelque 4 000 m2 ont été mis au jour au sud de la ville d'Auxerre. 



vendredi 6 juin 2025

La villa aux cinq pièces

La campagne de fouille archéologique menée sur la villa gallo-romaine de Damblain dans les Vosges en 2008 a révélé l'énigme des cinq pièces richement décorées trouvées parmi les vestiges. Il s'agissait de thermes très bien conservés avec la présence d'une baignoire intacte. Bon visionnage.


samedi 15 mars 2025

Une villa en Provence

Chers.es amis.es, après plusieurs mois d'absence sur le blog, je vous présente une courte vidéo sur une villa romaine mise au jour il y a peu près d' Aix-en-Provence.

Ce type de villa carré était assez courant dans le sud de la Gaule, alors que dans le nord, c'était plutôt le modèle allongé qui prévalait. Les fouilles archéologiques ont révélé que la vocation de cet établissement gallo-romain était essentiellement la viticulture.

Bonne vision et à bientôt.


vendredi 1 novembre 2024

Une villa mise au jour grâce à des mosaïques

"C'est exceptionnel" : des archéologues découvrent l'une des plus grandes villas gallo-romaines grâce à des mosaïques antiques

Écrit par América Lopez

Publié le 13/10/2024 à 18h00


Lors de fouilles sur le site de l'Abbaye St-Jean de Sorde dans les Landes, des archéologues de Bordeaux et de Pau ont mis au jour des mosaïques du 5ᵉ siècle après JC. Et, ils ont découvert par la même occasion la présence d'un palais campagnard de l'époque gallo-romaine mesurant entre 3 000 et 5 000 m². Une découverte scientifique majeure pour la région, car les grandes villas de cette période sont très rares dans le sud de l'Aquitaine.


Laurent Callegarin, spécialiste de l'Antiquité (à gauche), Simon Chassin, archéologue (au centre) et Louis Lopeteguy, archéologue (à droite) devant le sondage archéologique dans le cloître médiéval de l'abbaye de Sorde, dans les Landes, dimanche 13 octobre 2024. © Laurent Callegarin


"C'est une vraie surprise" se réjouit Laurent Callegarin, professeur d'histoire et d'archéologie de l'université de Pau. Ce spécialiste de l'Antiquité et des mondes anciens a participé à un projet collectif de recherche consacré à des fouilles à l'Abbaye Saint-Jean de Sorde, dans le sud des Landes qui se déroulent jusqu'au 25 octobre.


Un motif rare de mosaïque antique découverte sur le site de l'abbaye de Sorde, dimanche 13 octobre 2024. • © Laurent Callegarin


Projet "Sordus"

Ce projet de fouilles s'appelle Sordus et rassemble des archéologues, des historiens, des architectes, ou encore des géologues. Leur mission est de fouiller les sols de l'Abbaye Saint-Jean de Sorde où se sont succédé et superposées trois périodes historiques. Une villa gallo-romaine du 3ᵉ et 4ᵉ siècles après JC, un monastère médiéval qui s'est implanté sur la villa à partir du 10ᵉ siècle jusqu'à la fin du Moyen Âge, puis son architecture a été "modernisée" par une congrégation de Bénédictins de Paris à partir du 17ᵉ siècle qui restera jusqu'à la Révolution française. Tout un programme. Ce site remarquable en Nouvelle-Aquitaine est classé.


L'abbaye de Sorde dans les Landes. Ces nouvelles fouilles archéologiques se sont déroulées sur la partie en herbe du côté du Gave. Sous le site du monastère construit au 10ᵉ siècle, se trouve une immense villa gallo-romaine de plusieurs milliers de m2, sans doute une des plus grandes de la région. • © capture Google maps


Louis Lopeteguy, un jeune chercheur archéologue en doctorat de l'université de Bordeaux et de l'entreprise Hades archéologie, a fait une précieuse découverte pour le patrimoine régional. Au niveau de la galerie nord du cloître de l'abbaye, sous des sépultures maçonnées de l'époque moderne, l'archéologue a trouvé une série de mosaïques romaines géométriques et des fresques de la villa gallo-romaine enfouie. "Ces mosaïques représentent des tresses, des entrelacs, des motifs végétaux, du lierre et des fleurs typiques de l'école des mosaïstes d'Aquitaine de la fin de l'Antiquité", explique-t-il. Ces mosaïques décoraient une des salles de l'ancienne résidence antique. Mais la nouveauté n'est pas là.

Un palais campagnard d'envergure

La présence d'une villa gallo-romaine enfouie sous l'Abbaye St-Jean de Sorde est connue depuis les années 1960, date des premières fouilles scientifiques sur le site. En revanche, personne ne connaissait sa superficie. "La nouveauté, c'est que l'on s'attendait à trouver des vestiges des anciennes écuries ou des forges situées en dehors de la villa. Or, les mosaïques sont celle de l'une des pièces à vivre. On est en présence d'un palais campagnard de plusieurs milliers de mètres carrés, entre 3 000 et 5 000 m² peut-être, qui s'étire tout le long du Gave, s'enthousiasme Laurent Callegarin, avec une salle de bains de 300 m², équipée de piscines, de baignoires, etc. C'est exceptionnel !"

''On vient de lever une villa d'envergure. Elle devait appartenir à un aristocrate qui vivait à Dax et venait ici à la campagne. C'est exceptionnel !''

Laurent Callegarin,

professeur d'histoire et d'archéologie université de Pau (Pyrénées-Atlantiques)

Il faut imaginer dans ce palais campagnard, la présence d'une famille élargie avec des métayers et des petits fermiers. "Ce devait être un grand aristocrate dont le palais s'étalait sur la totalité du village de Sorde-L'Abbaye". Ce qui fait de cette villa l'une des plus vastes d'Aquitaine. "Les grandes villas gallo-romaines de ce type sont nombreuses autour de Bordeaux et dans le Gers, mais ce modèle de ferme est rare dans les Landes et dans le Pays basque", précise le professeur.

Valorisation de la richesse patrimoniale

Cette découverte a attiré entre 200 et 300 curieux ce week-end des 12 et 13 octobre. Des chanceux qui ont pu voir les mosaïques exhumées du lointain passé. "Il faut refermer les fouilles en début de semaine. Leur intérêt est scientifique, mais elles n'ont pas vocation à être exposées au public durablement. Nous allons les recouvrir avec un géotextile donc elles pourront être rouvertes si besoin. Et nous allons réaliser un modèle 3D qui sera présenté aux visiteurs de l'abbaye d'ici à deux ans, et qui permettra de se rendre compte de l'envergure de la villa gallo-romaine qui est sous nos pieds", précise l'universitaire de Pau.

L'Abbaye Saint-Jean de Sorde est classée aux Monuments historiques et inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco au titre des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France. Ce site historique se visite toute l'année.

Lien vers l'article du journal :

https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/landes/mont-de-marsan/c-est-exceptionnel-des-archeologues-decouvrent-l-une-des-plus-grandes-villas-gallo-romaines-grace-a-des-mosaiques-antiques-3044820.html

vendredi 19 août 2022

Une villa au coeur des vignes

La découverte des vestiges d'une villa gallo-romaine au milieu du vignoble du Mas des Tourelles à Beaucaire dans le Gard est à l'origine d'un projet d'archéologie expérimentale unique, fruit d'une collaboration heureuse entre Hervé Durand, vigneron, propriétaire des lieux et les archéologues André Tchernia et Jean-Pierre Brun.

Vues des vestiges :

Crédit photo : © Mas des Tourelles




  Crédit photo : « Enzo l'Apprenti Archéologue » (Facebook)













 


Les premières campagnes de fouilles avaient débuté dès 1980 et, depuis quelques années, elles sont menées par l'association archéologique 2aec2a, avec l'aide d'étudiants bénévoles, sous la responsabilité des archéologues Fabrice Bigot et Quentin Desbonnets.

Quoique les vestiges in situ ne soient pas dans un état de conservation exceptionnel, comme souvent avec les habitats gallo-romains, la découverte en 2020 d'une inscription remarquable sur une amphore avait probablement révélé le nom du propriétaire des lieux de l'époque, qui se nommait Titus Tavius Marsalis. Or, ce citoyen romain était sans doute membre d'une famille connue de la cité de Nîmes, toute proche.

Inscription sur l'anse de l'amphore :


Crédit photo : © F3 Pays gardois

La présence d'un atelier de poteries, où étaient notamment fabriquées des amphores vinaires de type « gauloise 4 », est attestée par la mise au jour de fours, de locaux de stockage et de nombreux tessons d'amphores.

Il va sans dire que cette activité artisanale répondait tout à fait aux besoins de la viticulture, déjà en plein essor au premier siècle de notre ère dans le sud de la Gaule. La proximité du Rhône et de la Via Domitia, voies de communications majeures dans la région, avait également favorisé le choix de ce type de production au sein de la villa.


Crédit photo : « Enzo l'Apprenti Archéologue » (Facebook)

Si le site fait encore l'objet de fouilles régulières, comme lors de cet été 2022, ce projet de vinification de vins à l'antique y est mené depuis 1991, pour le plus grand plaisir des amoureux du patrimoine, des œnologues et autres épicuriens.

Ainsi, aux côtés des vins AOC Costières de Nîmes et Vins de pays d'Oc, le Mas des Tourelles propose également plusieurs cuvées regroupées sous le nom « Romanum Vinum ». Ces vins sont élaborés, depuis le vignoble jusqu'à la mise en bouteille, selon des procédés et des techniques décrits par les auteurs latins de l'Antiquité, comme Pline l'Ancien, Columelle ou Palladius.

La reconstitution d'une Cella Vinaria à l'identique, où se trouvent le pressoir, les dolia et les cuves pour fouler le raisin, impressionne toujours les visiteurs.

Pressoir de la Cella Vinaria construit d'après les textes de Caton l'Ancien :


Crédit photo : © Mas des Tourelles


Et, manifestement, l'expérience menée depuis plus de trente ans est une réussite, puisque ces vins, très appréciés, sont commercialisés aussi bien au sein du domaine que dans différents points de vente de musées et dans les boutiques de certains sites archéologiques.

Gamme « Romanum Vinum » :


Crédit photo : © Mas des Tourelles



Lien du Mas des Tourelles : http://tourelles.com/
Lien de l'association archéologique : http://2aec2a.e-monsite.com/
Lien du blog de « Enzo, l'Apprenti archéologue » : https://apprentiarcheologue.over-blog.com/

Grand merci à tous et toutes pour les photos !

Août 2022

Ph. Laval

jeudi 7 juillet 2022

Bonnes vacances 2022 !

Voici une autre villa palatiale mise au jour sur le territoire des Coriosolites, en Bretagne.

Bonnes vacances à tous et toutes.


vendredi 10 juin 2022

La villa romaine du Gurtelbach à l'ère du numérique

Les Journées Européennes de l'Archéologie des 17, 18 et 19 juin 2022 seront l'occasion, pour « La Villa – Musée et Sites Archéologiques de l'Alsace bossue » à Dehlingen, de faire découvrir en réalité augmentée les vestiges de la villa gallo-romaine du Gurtelbach, grâce à une tablette numérique.


Réalité augmentée avec une tablette


Le programme complet de ces Journées archéologiques est disponible sur le site internet du Centre d'interprétation du patrimoine « La Villa »1 et sur leur page Facebook.

Pour rappel

La villa gallo-romaine du Gurtelbach a été fouillée à la fin du XIXe siècle par Jean Ringel, le pasteur de Diemeringen. Après une période d'abandon, le site a été redécouvert lors de travaux agricoles, puis des fouilles y ont été entreprises à partir de 1993 par les archéologues de la Société de Recherche Archéologique de l'Alsace Bossue (SRAAB).


Vue générale de la villa









Vue partielle de la villa









La villa de taille moyenne est située en pleine campagne à 1 500 mètres du village de Dehlingen dans le Bas-Rhin. Comme de nombreux établissements ruraux antiques, elle se compose d'un important bâtiment résidentiel (pars urbana) doté d'une galerie en façade et de pièces chauffées par hypocaustes, ainsi que de plusieurs bâtiments annexes à vocation agricole et artisanale.

« C’est dans l’un de ces bâtiments annexes qu’ont été découvertes des gouttelettes de plomb et de bronze, des scories de fer situées autour d’un aménagement quadrangulaire composé de gros blocs de grès A. Parmi ces vestiges appartenant à une aire de travail des métaux, ont été découverts des flans, des bâtonnets et des monnaies ratées qui constituent les traces d’une activité de monnayage, datée d’après les productions et le contexte archéologique de la fin du IIIe siècle (fig. 2). En rapport avec ces artéfacts, notons encore la découverte, dans le bâtiment principal de la villa, d’un objet en plomb pouvant être interprété comme un poids monétaire B. »2


Monnaie radiée de Tetricus découverte dans la villa du Gurtelbach
 à Dehlingen et probablement produite dans l'atelier (cl. P. Nüsslein)


L'ensemble des vestiges mis au jour atteste d'une occupation allant de l'époque de la Tène finale (1er siècle av. J.-C.), jusqu'au début du Ve siècle, soit toute la période de la domination romaine en Gaule.

Une plateforme métallique a été aménagée sur place pour faciliter l'accès aux vestiges pour tout un chacun, et des panneaux didactiques vous expliqueront la fonction de chaque pièce de la villa, ainsi que les découvertes qui y ont été réalisées.


Visite guidée sur le site

Un jardin romain expérimental a été reconstitué à côté des vestiges, et la visite du Musée vous permettra de contempler les trouvailles mises au jour sur le site lors des différentes campagnes de fouilles.

Enfin, des stages d'archéologies sont organisés chaque été pour les jeunes et les amateurs adultes.


Campagne de fouille estivale


1. Lien du Centre d'interprétation « La Villa » : https://www.cip-lavilla.fr/

2. Extrait de : « Des ateliers monétaires dans les campagnes médiomatriques pendant l’Antiquité tardive : qui sont les fabricants de monnaies d’imitation de la vallée de la Sarre ? », Antonin Nüsslein, dans « HAL open science; HAL Id: hal-01852669 https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01852669 Submitted on 2 Aug 2018 ».

A) Lefranc 1996, 49-51.

B) Poids : 26,31 g (Pilon 2010, 320).

Les photos du site proviennent du Centre «La Villa – Musée et Sites Archéologiques de l'Alsace Bossue» que je remercie chaleureusement au passage.

Juin 2022

Ph. Laval

dimanche 28 novembre 2021

La villa d'Antone, au pays des Lémovices

Vase trouvé en 1936




Sur un plateau qui domine les vallées de la Briance et du Blanzou, face à Pierre Buffière, les vestiges gallo-romains de la Villa d'Antone émergent du passé au fur et à mesure de l'avancée des travaux entrepris par les bénévoles de l'Association Dupuytren Mémoire Vivante.

Ce site est né il y a 2000 ans au cours du premier siècle de l'ère chrétienne. Le pays vit alors dans la paix sous la dynastie des Antonins, c'est la PAX ROMANA qui va durer trois siècles.


Fouilles de 1931


Actuellement nous pouvons découvrir les vestiges de la Villa grâce au travail des bénévoles de l'association mais également par l'implication de la DRAC qui apporte son expertise, oriente et contrôle les travaux.


Vues du site en zone boisée


La Villa d' Antone est un très vaste domaine bâti.

Il comprend plusieurs parties :

1. Sur la partie dite “PARS RUSTICA“, en haut du plateau, se trouvent les vestiges d'une enfilade de petites pièces ; là travaillaient et étaient logés les serviteurs. Des fragments de verres de cette époque y ont été trouvés, ils tendent à prouver l'existence d'ouvertures dotées de vitraux sinon de vitres. Dans le premier tiers bâti se situait une salle hypocauste pour produire de la chaleur.

2. La partie dite “PARS URBANA“, en dessous, était l'espace consacré à la vie des maîtres. Là étaient bâtis les thermes, il ne s'agissait pas de thermes publics, nombreux à cette époque mais de thermes privés destinés au propriétaire de la Villa. On y retrouvait une salle hypocauste, des vestiaires, une salle froide, une salle chaude et la partie piscine et bains. Autant d'équipements attestant de l'importance du Domaine.


Vue des fouilles









Après restauration












Le Nymphée aurait assuré le lien avec les dieux. C'était une construction circulaire, le centre était un bassin orné semble-t-il de marbre et de serpentine et surmonté de colonnes et de statues de nymphes.

Autour du bassin il y avait un second bassin en couronne orné lui aussi.

Il semblerait que les résidents se retrouvaient là pour discuter, faire leurs ablutions et obtenir la faveur des dieux par l'intermédiaire des nymphes.


Nymphée en cours de dégagement


La maîtrise de l'eau est aussi une des caractéristiques de la période gallo romaine, représentée encore de nos jours par de magnifiques ouvrages, le plus connu étant le Pont du Gard, mais la Villa d' Antone est à son niveau une excellente illustration de ce qu'était la gestion de l'eau dans l'habitat au quotidien.

Les sources étaient captées directement ou via des puits. Nous avons ici plusieurs exemples en particulier le puits rond près des thermes et le puits carré non loin du nymphée. L'eau était canalisée dans des aqueducs suffisamment hauts pour permettre à un homme d'y pénétrer pour en assurer l'entretien. Nous pouvons observer l'entrée d'une telle structure au centre du site.

Les eaux étaient aussi collectées par des caniveaux dallés et couverts. L'évacuation se faisait vers un grand égout réceptacle de toutes les eaux de la Villa.


Evacuation des eaux


Le MUR est un témoin du génie de ces bâtisseurs, long de 24 m, haut de 4 m, épais de plus 2 m à la base et de 1,80 m au sommet. Il est dans un remarquable état de conservation, en bien des endroits le mortier est intact, et depuis 2000 ans il soutient la terrasse sur laquelle a été édifiée la Villa d' Antone.


Le mur conservé

Texte et Lien : Association Dupuytren Mémoire Vivante

Mairie, 87360 Pierre-Buffière

Contact : Email : admv.antone@gmail.com

Site internet : www.as-dupuytren-mv.fr

dimanche 1 août 2021

Bonnes vacances ...

Je vous souhaite à tous et toutes de bonnes vacances et je salue les nombreux bénévoles qui profitent de cette période estivale pour consacrer leur temps et leur énergie à la sauvegarde du patrimoine.



Août 2021

Ph. Laval

mardi 1 juin 2021

Une villa en Armorique

 La villa gallo-romaine de Mané-Véchen

Si la Bretagne est bien connue pour son patrimoine mégalithique, elle recèle également quelques témoins intéressants issus de la période romaine.

Les vestiges de la villa gallo-romaine de Mané-Véchen, non loin de Plouhinec dans le Morbihan, constituent un exemple représentatif pour cette époque.



Résumé à partir de différentes sources :

Située sur un petit promontoire granitique au bord de la rive droite de l'estuaire de la ria d'Etel, à moins de deux kilomètres de l'Océan, cette villa maritime se trouvait en pays vénète ; tribu gauloise célèbre pour avoir combattu l'armée de Jules César lors d'une bataille navale au large de la presqu'île de Rhuys.

L'édifice, bâti dès la fin du second siècle après J.-C., aurait été abandonné vers la fin du IIIe siècle suite à un incendie. Il fut néanmoins réoccupé partiellement au tout début du IVe siècle, soit seulement un siècle d'occupation en tout !

Les découvertes réalisées lors des campagnes de fouilles successives laissent penser que la villa fut le siège d'un centre de négoce de produits maritimes (sel, garum, pêche et/ou commerce maritime ?).

Plusieurs dépôts monétaires importants mis au jour lors des fouilles semblent confirmer cette vocation commerciale.

Dépôts monétaires découverts, crédit : Musée de Bretagne à Rennes



Le site fut découvert en 1929 et une fouille de sauvetage fut entreprise en 1966 par G. Bernier en raison de l'érosion marine qui menaçait une partie des vestiges. Ensuite, le domaine fut acquis par l'Etat en 1972, après plusieurs campagnes de fouilles fructueuses réalisées au début des années 70, et pour éviter que les ruines ne disparaissent à tout jamais sous les coups des pelleteuses d'un projet de construction d'un lotissement.

Les dernières fouilles menées de 2000 à 2007 par l'archéologue Alain Provost ont permis de révéler l'ampleur et l'importance du site.

L'ensemble des vestiges, couvrant une superficie d'environ 3000 m2, est réparti sur trois ailes en forme de U autour d'une cour centrale avec en son centre un bassin hexagonal.

L'aile nord mesure 38 m sur 10, l'aile ouest 36 m sur 20 et l'aile sud fait 30 m sur 16, soit près de 1600 m2 de surface habitable. Les murs arasés sont maçonnés en petit appareil de moellons de granite local équarris. L'entrée, accessible par un porche, était située au sud.

La cour centrale mesure 27 m (axe nord-sud) sur 31 m (axe ouest-est), soit presque 840 m2.

Enfin, un petit bâtiment tout proche de la villa pourrait correspondre à un fanum privé.

Vue d'ensemble, crédit : journal « Ouest-France », Grégoire Laville, 17/12/17



Plusieurs locaux ont pu être identifiés, comme une bibliothèque ou une salle d'archives, de vastes salles de réception richement décorées, des bains, des pièces chauffées par hypocauste, des portiques, une tour de guet (?), une exèdre (salle dotée de sièges où l'on conversait) et un espace destiné à l'élevage et à la boucherie, en service vers la fin de l'existence de la villa. C'est là où a été retrouvé un haut-relief représentant Dionysos découvrant Ariane endormie sur l'île de Naxos.

Il est vraisemblable qu'il y ait eu une quatrième aile disparue sous l'effet de l'érosion marine et de l'exploitation d'une petite carrière située à l'est du site.

Haut-relief trouvé au milieu d'ossements dans la boucherie de la villa



En plus des différents dépôts monétaires, constitués de deniers et d'antoniniens antérieurs à l'année 282 et rassemblant quelque 22000 monnaies, le site a livré de remarquables enduits peints, dont une représentation d'un buste de Vénus, des animaux et des personnages grandeur nature. On y a également mis au jour des stucs, des éléments architecturaux, une balance en bronze, des outils en fer, des céramiques intactes et fragmentaires ainsi que le haut-relief de Dionysos et des éléments de statues.

Le nom du propriétaire de la villa aurait même été identifié par une inscription conservée au Musée de Bretagne.

Le domaine est classé comme site archéologique depuis mai 2010, mais il peut être visité moyennant une petite contribution.

(Le dessin au début du texte provient du site "Les Amis de l'Art Contemporain du Musée de 56000 Vannes, France").

Renseignements: https://www.plouhinec.com/decouvrir/visites-activites/mane-vechen.html

Vidéo :


Juin 2021

Ph. Laval

jeudi 1 avril 2021

Une villa romaine sur la Côte d'Azur

Les vestiges archéologiques du site de Pardigon II

«La paix revenue [après la bataille d'Actium], les nombreuses légions furent démobilisées ; les légionnaires se virent attribuer le titre de citoyen romain, un pécule et des terres pour y vivre de leur exploitation, en particulier en Gaule toujours prête à la révolte. La VIIIème légion (Legio Octava Norum), la légion d’Auguste, fut installée dans les maures et l’Estérel, avec Fréjus comme capitale locale et c’est dans ce cadre que les 6 à 8 000 hommes reçurent des terres par tirage au sort de domaine établis par les géomètres romains regroupant des lots de 700 mètres de côté.

Les villas romaines de La Croix Valmer, Cavalaire, Sainte-Maxime... virent le jour, simples cabanes au départ, puis villas structurées et florissantes, cultivant avec succès les vignes qui furent la plus grande richesse économique de cette période. Celle de Pardigon II devint avec 3 600 m2 la plus grande des villas maritimes du sud de la Gaule, encore visible aujourd’hui. »

(André Falconnet, Président de l’association archéologique Aristide Fabre qui œuvre pour la réhabilitation du site).

Vue aérienne



La villa de Pardigon II connaît son occupation et son développement majeurs entre le Ier et le IIIe siècle après J.-C. Son abandon est daté vers la fin du Ve siècle après J.-C.

Maquette



La première phase de découverte correspond à une reconstruction totale afin d'aménager une villa autour du milieu ou durant le troisième quart du Ier siècle ap. J.-C., puis à des agrandissements successifs et des modifications intervenus jusqu'au IIIe siècle ap. J.-C.

Plan



La villa durant le Bas-Empire romain

La seconde phase marque une restructuration complète de la villa vers le IVe siècle, avec en particulier l'abandon de l'aile thermale.

Cet ensemble ouvre sur la cour centrale, ornée alors d'un bassin d'agrément rectangulaire, tandis que trois cuves, dont seuls les fonds ont été conservés, sont aménagés dans le corps principal de la villa, indiquant sa transformation au moins partielle, en espace agricole.

Un nouvel ensemble thermal, plus modeste, est aménagé dans les bâtiments de la villa. Un four de tuilier est édifié au sud, à l'extérieur des bâtiments.

La villa est définitivement abandonnée au cours du VIe siècle ap. J.-C.

Vue d'ensemble



L'époque mérovingienne

Les ruines de la villa sont très partiellement réoccupées dans le courant du VIIe siècle. Un grand foyer installé dans une pièce proche de la cour sud a livré un mobilier caractéristique formé de céramiques modelées, pour l'essentiel des pots attestés dans des contextes de la période mérovingienne. Le site est ensuite déserté plusieurs siècles durant.

L'époque médiévale

Au cours du bas Moyen Age, la villa est exploitée comme carrière de pierres à bâtir et de pierres à chaux. Un four est creusé dans la partie sud de la villa, dont le mur de soutènement a été percé d'un orifice et le sol excavé pour aménager une chambre de chauffe. Devant la chambre de chauffe et à ses abords, les niveaux contemporains ont livré quelques tessons de céramique datant du XIVe siècle qui témoignent probablement de la période de l'utilisation du four.

L'occupation contemporaine (vestiges de la douane)

Acheté par ''Pierre et Vacances'' dans les années 1980, le terrain devait faire l'objet d'une Z.A.C. (Zone d'Aménagement Concertée) à vocation touristique. Grâce à l'action des associations locales de protection de l'environnement, le site est protégé depuis 2009. Il est propriété du Conservatoire du Littoral depuis 2013. (Source : Françoise Laurier, Service du Patrimoine et de l'Archéologie, Département du Var, 2016).

En 1895, l'administration des douanes fait construire une caserne sur l'emplacement de la villa romaine. Ses fondations, qui ont largement entamé et parfois détruit les vestiges romains, sont clairement lisibles sur le site.

Le bâtiment, d'une surface de 410 m2 environ, comportait un étage ainsi qu'une cave de 66 m2 environ.

En 1906, vingt-trois personnes dont dix douaniers résident à la caserne de Pardigon qui a remplacé depuis 1905 les postes de Cavalaire et du Vergeron. En 1926, il n'y a plus que six douaniers en poste et la caserne est inoccupée en 1935.

Fin 1943, les Allemands feront sauter la caserne dans le cadre de leur programme de défense des plages de débarquement.


Les fouilles et le projet de valorisation du site

Historique des recherches

Le site de Pardigon est connu depuis le début du XIXe siècle sous le nom des Boutigo. L'annuaire du Var de 1832 y signale la découverte d'une dizaine de monnaies romaines.

En 1895, une caserne de l'administration des douanes est édifiée à cet emplacement, entraînant d'autres découvertes archéologiques.

A partir de 1983, la menace de destruction occasionnée par un projet de parcours de golf débouche sur des fouilles entreprises en partenariat avec le Service Régional de l'Archéologie (D.R.A.C. P.A.C.A.), d'une part et le Centre de Documentation Archéologique du Var associé au Groupement Archéologique de Cavalaire d'autre part. Les opérations ont été de trois types : des sondages d'abord, suivis d'une fouille de sauvetage à laquelle succède une fouille programmée. Ces opérations porteront principalement sur deux sites. Pardigon 2 et Pardigon 1 et 3, deux villas d'époque romaine distantes de 500 m environ l'une de l'autre. Sur Pardigon 2, les sondages préliminaires sont réalisés en 1983. S'ensuivent trois campagnes de fouilles de sauvetage de 1984 à 1986, puis trois campagnes de fouilles programmées entre 1988 et 1990.

Les fouilles archéologiques ont permis de dégager un secteur de la partie résidentielle de la villa gallo-romaine ainsi qu'une portion limitée et très détruite de la partie agricole au nord. Le site a connu une longue occupation allant du Ier siècle av. J.-C. Au VIIe siècle apr. J.-C., suivie d'une réoccupation ponctuelle au Moyen Age (four à chaux) et se terminant par la construction de la douane au XIXe siècle.

La villa gallo-romaine était établie sur une légère éminence formée d'alluvions consolidées (plage de galets de formation ancienne, possiblement du Tyrrhénien, il y a environ 12 000 ans). Elle est aujourd'hui bordée au sud par un étang, creusé par les excavations de la fouille archéologique, qui se réactive selon la pluviométrie saisonnière.

Aujourd'hui

Le Conservatoire du Littoral avec l'aide de la commune de la Croix Valmer prévoient d'effectuer des travaux de cristallisation afin de permettre au public d'approcher ce site de plus près.

Ces travaux consisteront tout d'abord à stabiliser les murs de l'époque romaine et à remblayer partiellement les parties les plus abîmées par le temps, dans le but de les conserver. Une ouverture au public pourra être alors envisagée avec un parcours possible sur une passerelle au dessus du site.

«Ce site de Pardigon II nous invite à découvrir l’histoire riche, ancienne et passionnante de notre région occupée par des hommes et des femmes bien avant notre ère. Il est classé « site remarquable » depuis 2009 grâce aux associations locales de protection de l’environnement et est devenu propriété du Conservatoire du littoral depuis 2013. Après des périodes successives de nettoyage, de fouilles et d’abandon, le site a été dernièrement remis en valeur grâce à l’action conjuguée du Conservatoire du littoral, de la municipalité de La Croix Valmer et de l’association archéologique Aristide Fabre. Je tiens tout particulièrement à remercier les intervenants qui ont permis la renaissance de ce site primordial pour l’histoire de notre commune. Désormais, la vue en surplomb de la villa donne une singularité à ce paysage et revêt un caractère culturel particulièrement important. Nul doute que chaque Croisien et touriste sera curieux de comprendre ce qu’il s’y passait et d’aller la découvrir. »

(Bernard Jobert, maire de La Croix Valmer)

Sources :

Les panneaux didactiques in situ et le site internet du tourisme de la Croix Valmer pour les citations : http://www.lacroixvalmertourisme.com/fr/qualite-de-vie/patrimoine/villa-gallo-romaine-de-pardigon-2

Merci à Monsieur Jean-Paul Slonina et à l'Association Archéologique Aristide Fabre pour les renseignements et les photos, (www.fabrearcheo-var.fr)

Vidéo



Avril 2021