Présentation

Même si l'Antiquité romaine fut une période rude et souvent implacable pour beaucoup d'êtres humains, nous ne pouvons nier que dans de nombreux domaines la civilisation romaine fut innovante et même fascinante. Si Rome a conquis nos terres à la force du glaive pour imposer ensuite son pouvoir sous la férule des légions et de son administration centralisée, elle nous a aussi légué sa culture et, pour ce qui nous intéresse dans ce blog, son savoir-faire en matière d'urbanisme, d'architecture et de construction. C'est précisément ce domaine des habitations romaines typiques des campagnes, les villae, que je vous invite à découvrir ensemble.

Affichage des articles dont le libellé est Thématique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Thématique. Afficher tous les articles

samedi 12 septembre 2026

En mémoire de Léonce Demarez

En mémoire de Léonce Demarez

Fondateur de l'Archéosite d'Aubechies


Il y a déjà vingt ans que Léonce Demarez nous a quittés pour rejoindre, comme il aurait aimé le dire, les Champs Élyséens. C'est à cet homme, passionné par l'archéologie et l'histoire de l'Antiquité, que l'on doit la découverte de nombreux sites archéologiques dans la région nord du Hainaut et la création de l'Archéosite d'Aubechies-Beloeil.

Tous ceux qui l'ont connu sont unanimes pour reconnaître autant ses qualités humaines empreintes de modestie et de bienveillance que son caractère enthousiaste et opiniâtre.

Léonce Demarez était un homme hors du commun qui est allé au bout de ses rêves en créant ex nihilo un des plus beaux sites européens de reconstitutions historiques et d'expérimentations archéologiques.

Quand nous visitions le site avec nos enfants dans les années nonantes, nous avions à chaque fois le plaisir de le rencontrer au détour d'une hutte laténienne, vêtu de braies gauloises, le torse parfois nu, en train de forger une épée ou de façonner un vase en argile. Il interrompait alors son ouvrage et, avec sa gentillesse coutumière, il nous expliquait en détail la mise en œuvre et les caractéristiques de sa réalisation du moment. Il avait toujours cette facilité déconcertante à partager et transmettre sa passion avec enthousiasme et simplicité. Puis, on le saluait en le remerciant, et il répondait alors : ''Oh, mais je me fais d'abord plaisir, vous savez !''


Léonce en pleine action !

Léonce ne s'est jamais enorgueilli de ses découvertes, pourtant exceptionnelles, que certains professionnels lui enviaient parfois ! Au contraire, il a toujours été prompt à renseigner les archéologues et à se joindre à eux, en dépit de l'attitude condescendante, voire méprisante, de certains !

Il a fouillé aussi bien avec des professionnels de l'Inrap en France, que ceux du Service national des fouilles en Belgique, puis ceux du Service des fouilles de la Région Wallonne ou encore de plusieurs Universités.

Avec l'Archéosite, tout en contribuant au développement culturel et touristique de sa région, il a réussi à rendre l'archéologie plus accessible au grand public en évitant de tomber dans le piège du mauvais goût de certains parcs.

Résumé biographique1

Léonce Demarez est né à Blicquy en 1933. Dans sa jeunesse, il rencontre Léon Herchuée, un archéologue local qui l'initie aux techniques de fouilles. Tout en travaillant dans l'horticulture, puis comme formateur en céramique, il consacre ses loisirs à la prospection archéologique et il participe activement aux campagnes de fouilles dans sa région.

Autodidacte dans le domaine, il est cependant curieux et perspicace. En 1958, alors âgé de 25 ans, il découvre une nécropole à incinérations de quelque 800 tombes datées du Ier au IIIe siècle, au lieu-dit ''Camp romain'', entre Blicquy et Aubechies.

Deux ans après, il met au jour, au même endroit, des fours de potiers ; puis il ouvre un musée gallo-romain dans l'ancienne école de Blicquy pour exposer ses nombreuses trouvailles. Dans la foulée, il crée avec quelques amis le Cercle de Tourisme et de Recherches Archéologiques (CTRA).

Comme chaque été, depuis le milieu des années 50, il participe à la campagne de fouille au lieu-dit ''Ville d'Anderlecht'', situé à 2,5 km à l'ouest du site du ''Camp romain''. Il y découvre des ateliers de bronziers en 1968 datés du Haut-Empire, puis des fours de potiers en 1972, et enfin des vestiges si importants que le Service national des fouilles est contacté. Une prospection aérienne est réalisée en 1976 qui révèle les structures d'un vaste site cultuel comprenant un théâtre et un sanctuaire monumental.

Des subsides sont octroyés et les fouilles se poursuivront en se succédant pendant des années. Le sanctuaire, également daté du Ier au IIIe siècle, comprend un grand fanum, des portiques à colonnades, des fosses à offrandes, un aqueduc souterrain et les structures d'un théâtre - le seul connu en Belgique - construit en bois2 qui pouvait accueillir quelque 5000 spectateurs. Des offrandes de l'époque de la Tène et de l'Âge du Bronze final seront également exhumées à proximité immédiate du site3.

Mais, comme l'écrira François Hubert, directeur du Service des fouilles à l'époque, ''la région est trop riche en vestiges et son archéologue trop chanceux''4.

Ainsi, notre infatigable fouilleur découvrira également dès 1969 des sites de l'époque Néolithique qui fourniront des compléments d'informations sur cette culture vieille de plus de 5000 ans. Il y a aussi des sites dits du ''Rubané'', puis d'autres appartenant au ''Groupe de Blicquy'', des sites du ''Michelsberg'' (Néolithique moyen) et deux autres du Mésolithique moyen découverts à Blicquy et à Ormeignies, un atelier de fabrication d'anneaux en schistes daté de l'Âge du fer à Wadelincourt et un hypocauste avec des enduits peints du IIe siècle à Aubechies.

Il y a enfin cette découverte exceptionnelle d'un site portuaire fluvial à Pommeroeul en 1975 qui a livré une pirogue et un chaland d'époque romaine que l'on peut admirer à l'Espace gallo-romain d'Ath. Ici encore, Léonce était dans les premiers à avoir averti le Service des fouilles, car il s'agissait d'une fouille de sauvetage urgente.

Ajoutons qu'il a aussi bâti sa maison à Aubechies, la ''domus romana'', de 1972 à 1977 sur base d'un plan d'une domus datée du second siècle ap. J.-C. Il y a même reproduit les enduits peints découverts dans son village.

L'Archéosite


La villa romaine de l'Archéosite

A l'âge de cinquante ans, alors que certains songent déjà à la retraite, Léonce décide de se lancer dans un projet audacieux qui couronnera véritablement son parcours d'archéologue passionné5.

Dès 1983, il entreprend la réalisation d'un archéosite à Aubechies avec l'aide des ses amis indéfectibles du CTRA. Son intention était de partager avec le plus grand nombre ses connaissances et ses découvertes.

Dans l'ordre chronologique de l'Histoire, il commence par reconstituer des habitats de l'Âge du Néolithique, de l'Âge du Bronze, puis de l'Âge du Fer pour terminer par des bâtiments en dur de l'époque romaine. Parmi ceux-ci figurent un fanum reconstruit à l'identique d'après les structures mises au jour sur le site de la ''Ville d'Anderlecht'', ainsi qu'une villa romaine sur le modèle de vestiges découverts à Mayen en Allemagne.

Plusieurs monuments funéraires sont également reconstitués le long d'une voie dallée, ainsi qu'un portique à colonnade dont l'intérieur du bâtiment abrite les collections du Musée et les expositions temporaires.

La dernière réalisation étant la construction d'un chaland, comparable à celui découvert à Pommeroeul. Des balades sur l'étang de l'Archéosite sont aussi organisées, pour le plus grand plaisir des visiteurs.

Aujourd'hui l'Archéosite s'étend sur un peu plus de 6 hectares et reçoit plusieurs milliers de visiteurs par an. Les lieux servent également de laboratoire pour l'archéologie expérimentale et de centre de reconstitution des techniques et procédés antiques.

D'autre part, plusieurs évènements culturels et festifs y sont organisés depuis de nombreuses années, dont un festival de musique celtique fin juin, le ''Week-end de l'Archéologie Expérimentale'' au milieu du mois d'août et la fête de la Samain fin octobre.

En plus des collections permanentes issues des trouvailles réalisées lors des différentes campagnes de fouilles dans la région, le Musée accueille des expositions temporaires. Parmi les nombreux objets exposés en permanence, on peut admirer une remarquable statue en bronze du dieu Mars exhumée sur le site de la ''Ville d'Anderlecht''.

Depuis avril 2013, le Musée s'est doté d'un nouvel espace dédié à Léonce Demarez appelé ''Centre d'interprétation des cultes et croyances antiques'' (CICCA), et l'Archéosite a été renommé : ''Archéosite® et Musée d'Aubechies-Beloeil asbl''6.

A titre personnel, je voudrais rendre hommage à cet homme affable et pédagogue, ainsi qu'à tous les bénévoles qui ont œuvré à ses côtés.

Notes :

1) Sources notamment consultées:

2) La structure en bois a bien sûr disparu depuis longtemps ; seules subsistent les fondations de l'hémicycle.

3) Le sanctuaire de Blicquy « Ville d’Anderlecht ». Volume 1, Campagnes 1994-1996 par Evelyne Gillet, Léonce Demarez et Alain Henton, (Études et documents, Archéologie n° 12), Namur, 2009 376 p. Broché : 40 €. ISBN 978 2 930466 75 0

4) A propos de la découverte réalisée au lieu-dit ''Ville d'Anderlecht'' à Blicquy, voici ce que François Hubert, directeur du Service des fouilles de la Région Wallonne, écrivait en 1995 dans la préface du fascicule de l'exposition ''Le sanctuaire gallo-romain de Blicquy - 15 années de recherches'' : ''Dès 1976, des photographies aériennes révélèrent un temple et son hémicycle, mais les instances officielles boudèrent la découverte, comme d’autres plus importantes encore dans la région dues à Léonce Demarez. La région se montrait trop riche, son archéologue trop chanceux''.

5) Je préfère le terme ''passionné'' à celui ''d'amateur'' qui a souvent une connotation péjorative. Pourtant, il n'est pas rare que des archéologues amateurs fassent des découvertes importantes. Ceux-ci sont également de précieux auxiliaires des professionnels : ils participent souvent bénévolement aux campagnes de fouilles aux côtés des étudiants en archéologie.

6) Lien de l'Archéosite : https://www.archeosite.be/

Ph. Laval

vendredi 7 août 2026

Fêtes romaines à Waudrez !

Bonjour à tous et toutes,

Dans un peu moins d'un mois, la fête romaine annuelle se tiendra sur le site du Musée gallo-romain de Waudrez (Binche). 

Un évènement très convivial et animé à ne manquer sous aucun prétexte !



Meilleures salutations !

Ph. Laval


jeudi 19 mars 2026

Blog au repos temporaire

Chers lecteurs et lectrices, le blog est temporairement au repos suite à un problème de santé rencontré récemment. Dans l'attente de mon rétablissement que je souhaite le plus rapide possible, je vous propose cette vidéo que je trouve assez bien réalisée. Merci pour votre compréhension et à bientôt.

Ph. Laval

 

vendredi 9 janvier 2026

Coup d'œil sur l'artisanat gallo-romain

En vous souhaitant d'ores et déjà mes meilleurs voeux pour cette année 2026, je vous propose cette vidéo très bien réalisée sur l'artisanat gallo-romain. Bon visionnage !


 

vendredi 25 juillet 2025

Weed-end de l'Archéologie à Aubechies

 Week-end de l'Archéologie expérimentale à Aubechies-Beloeil 

le 16 et 17 août 2025


Le rendez-vous  incontournable des  passionnés de l'histoire et 
de l'archéologie sur un site magnifique !










Présentation du roman
'' Un poète au palais" par l'auteur sous la galerie à colonnade le dimanche 17 août de 13 h à 20 h






mercredi 4 septembre 2024

Les instruments de mesure chez les Romains

Ma visite du stand de l'asbl ''Villa de Mageroy''1, lors de la fête gallo-romaine ''Veni Vidi Orolaunum'' à Arlon au début septembre, m'a donné envie de présenter les principaux instruments utilisés par les bâtisseurs des villas romaines et des routes qui conduisaient à leurs domaines. Mais commençons d'abord par un petit lexique.

Un peu de vocabulaire

  • Agrimensor : nom donné à l'arpenteur officiel romain chargé de délimiter les terres entre les colons qui s'installaient sur le territoire conquis,

  • Centuriation : morcellement du territoire à l'époque romaine pour la mise en culture et l'urbanisation,

  • Centurie : unité de la centuriation valant vingt actus de côté (710,40 mètres) ; ce qui représentait une superficie d'un peu plus de 50 ha.,

  • Cardo maximus : ligne Sud-Nord principale de la cadastration dans les villes et les campagnes,

  • Cultellatio : méthode de mesure d'une surface pentue ou très accidentée en calculant par palier sa projection sur un plan horizontal. L'outil principal utilisé était le chorobate.

  • Curator aquarum : administrateur du service des eaux,

  • Decempedator : perche de dix pieds (2,944 m) servant à mesurer les longueurs de courtes distances,

  • Decumanus maximus : ligne Est-Ouest principale de la cadastration, perpendiculaire au Cardo,

  • Finitor : Cicéron mentionne dans ses écrits le finitor qui serait un architecte,

  • Fundus : propriété rurale avec bâtiments résidentiels et d'exploitations,

  • Gromaticus : opérateur qui utilise la groma comme outil principal,

  • Librator : un ingénieur et géomètre arpenteur au service du génie militaire et/ou spécialiste dans le calcul des dénivellations de terrain et dans la construction des aqueducs, dont il calculait la pente pour un bon écoulement de l'eau dans les canalisations.


Pour la construction des villas

La corde à treize nœuds

Déjà utilisée par les Egyptiens il y a 4 000 ans, la corde à treize nœuds est un outil rudimentaire qui permet néanmoins de tracer différentes formes géométriques avec une certaine précision.

Les douze intervalles identiques séparés par les nœuds de la corde offrent la possibilité de réaliser par combinaison des triangles isocèles, rectangles, équilatéraux, des carrés, des losanges, des rectangles, des cercles, des arcs de cercle (pour les voutes par exemple), et elle sert également à mesurer des distances.

Pour le maçon de l'Antiquité, qui était rarement un lettré, l'utilisation judicieuse de la corde lui permettait de vérifier la perpendicularité des murs d'une construction. Sans savoir probablement qui était Pythagore, l'ouvrier se servait de la corde en formant un triangle rectangle dont chacun sait qu'un de ses angles vaut 90°. La règle des ''3/4/5'' (ou ''6/8/10''), qui n'est autre qu'une application du théorème de Pythagore, leur était connue; soit : a2 + b2 = c2 => 32 (intervalles) + 42 (intervalles) = 52 (intervalles), et bien sûr : 3 intervalles + 4 intervalles + 5 intervalles = 12 intervalles.



L'archipendule

Connu également depuis l'Antiquité, cet outil est un niveau de maçon et de charpentier permettant de vérifier l'horizontalité d'une surface plane. Alors que le fil à plomb indique la verticalité d'une structure, celui-ci, partant de l'angle droit de l'équerre, indique que le plan est de niveau s'il est positionné au centre de la traverse.



Le compas

Le compas est un instrument de géométrie, également très ancien, servant aussi bien à tracer des cercles et des arcs de cercle, qu'à déterminer des médiatrices, le milieux de deux points et à tracer des angles droits. Il sert également à mesurer des longueurs, d'où l'origine de son nom en bas latin ''compassare'' signifiant ''mesurer avec le pas''.

Il est utilisé depuis toujours par les maçons, les charpentiers, les architectes, les marins et les arpenteurs.



Pour les chaussées et les aqueducs

La dioptra

La dioptra est un instrument ancien utilisé en astronomie et pour l'arpentage. Il date au moins du IIIe siècle avant Jésus-Christ. La dioptra est un tube de visée ou, à défaut, une tige avec un œilleton à ses deux extrémités, attaché à un pied fixe. Si elle est munie d'un rapporteur, elle peut être utilisée pour mesurer les angles.

La première dioptra était un simple instrument de visée horizontal, constitué d’un triangle isocèle dont la base sert de visée. La pointe, jonction des deux côtés égaux, est positionnée en bas et sert de repère au fil à plomb. Lorsque celui-ci est dans l’alignement de la pointe, la visée à travers les deux œilletons est parfaitement horizontale.

La première évolution, due à l’ingénieur Héron d'Alexandrie, fut de remplacer ce triangle par un demi-disque gradué comme un rapporteur. Le système est fiché dans le sol après avoir déterminé le niveau grâce au fil à plomb, puis la rotation de la réglette permet de choisir l’angle désiré, toujours en fonction du fil à plomb.

Une seconde évolution, fut l’adjonction dans le plan horizontal d’un second disque, gradué à 360°, qui permit d’obtenir deux orientations angulaires précises. (Source : Wikipedia)


Restitution du schéma de fonctionnement de la dioptra, par J.-P. Adam.


Le chorobate

Destiné aux travaux de nivellement, le chorobate est décrit ainsi : '' Le chorobate est formé d'une règle d'environ vingt pieds ; elle porte à ses extrémités deux pièces coudées parfaitement égales, ajustées à angle droit ; entre la règle et ses crosses s’étendent des traverses sur lesquelles sont tracées des lignes perpendiculaires correspondant chacune à un fil à plomb suspendu à la règle. Ces fils, quand la règle est en place, s'appliquant exactement et également sur les lignes tracées, font voir que l'instrument est bien de niveau. Pour le cas où le vent s’opposerait par oscillation des fils à la netteté des indications on peut ménager sur la surface supérieure de la règle un canal long de cinq pieds, large d'un doigt et profond d'un demi-doigt destiné à être rempli d'eau. Si l'eau touche également les extrémités du canal on saura que l'instrument est bien de niveau.

Sur le terrain, la mise en station se faisait en plaçant sous l'une des extrémités du chorobate des cales pour obtenir une horizontalité parfaite de l'instrument. La visée du nivellement pouvait alors être effectuée par le librator - géomètre niveleur - en plaçant l’œil au niveau de la règle, dans l'axe des deux œilletons facilitant les alignements. Ce procédé nécessite de placer le jalon de mesure à une distance variable, tel que l'opérateur du chorobate la voit affleurer sa ligne de mire. La lecture peut se faire par visées avant et arrière avec mesures de hauteur du point visé. (Source : La construction romaine. Jean-Pierre Adam, 1984).



Restitution graphique du chorobate, d'après la description de Vitruve, par J.-P. Adam.


La groma

La groma était une équerre optique d’arpenteur permettant de diviser l’espace en quatre quadrants. Elle était utilisée par le gromaticus pour tracer des lignes droites et des lignes perpendiculaires à ces droites. On connait son existence par des textes, la découverte des vestiges d'une groma à Pompéi et sa représentation sur deux stèles funéraires ; l'une à Ivrea au Val d'Aoste et l'autre à Pompéi.

La partie supérieure de l’instrument est composée d’une croix à 4 branches perpendiculaires de dimensions égales qui servent d’équerre de direction; à chacune des branches est suspendu un fil à plomb appelé perpendicula.

Ce dispositif est fixé sur un bras de recherche métallique qui le relie à un long pied servant à la mise en station. Suivant la consistance du terrain, le pied muni d’une pointe à son extrémité inférieure peut être fiché en terre; mais si le sol est trop dur ou trop instable, on peut avoir recours à un trépied métallique pour stabiliser le tout. Il existait un 5ème fil à plomb positionné sous l’axe reliant la croix à 4 branches au bras de recherche mais il ne servait qu’à la mise en station de l’appareil à la verticale d’une borne de cadastration, puis ce fil était retiré car il devenait gênant pour les opérations de visée. (Source : Legion VIII Augusta, https://leg8.fr/ )

La groma permettait d'établir des plans orthonormés des villes, des camps militaires et des limites de parcelles d'une centuriation.

L'instrument était souvent utilisé en association avec le chorobate, lorsque le terrain était accidenté. Tous deux étaient donc destinés aux travaux d'arpentage, de visées orthogonales et de nivellement.



Restitution graphique de la groma, par J.-P. Adam.


Note et bibliographie :

1° Je tiens à remercier les membres de l'asbl Arch-Hab, pour leur présentation des différents instruments utilisés par les Romains, lors de la fête ''Veni Vidi Orolaunum''.

- Jean-Pierre Adam, Groma et Chorobate, Exercices de topographie antique, dans Mélanges de l'école française de Rome, 1982, pp. 1023-1029.

- Jean-Pierre Adam, La Construction romaine : matériaux et techniques, Paris, Picard, coll. « Grands manuels Picard », 1984, 367 p.

- Vitruve, De Architectura, dix livres traduits en plusieurs langues et édités par plusieurs éditeurs.

Ph. Laval

mardi 23 juillet 2024

Week-end de l'Archéologie à Aubechies !

Week-end de l'Archéologie à Aubechies-Beloeil 

le 17 et 18 août 2024


Le rendez-vous annuel incontournable

 pour tous les amoureux de l'Histoire et

 de l'Archéologie !

   



              Présentation du roman ''Un poète 

                     au palais'' sous la galerie du temple,

                   le dimanche 18 août de 13 h à 20 h




 

samedi 17 février 2024

Conférence sur les villas romaines

 Le 15-03-2024


Conférence villas d'ici et d'ailleurs...

Par Philippe LAVAL


Le 15 mars nous recevrons M. Philippe Laval, passionné d'Antiquité pour une conférence sur les villas gallo-romaines d'ici et d'ailleurs.

Même si l'Antiquité romaine fut une période rude, elle fut néanmoins innovante et même fascinante dans de nombreux domaines. Si Rome a conquis nos terres à la force du glaive, elle nous a aussi légué sa culture et son savoir-faire en matière d'urbanisme, d'architecture et de construction. C'est précisément ce domaine des habitations romaines typiques des campagnes, les villae, que notre orateur nous invite à découvrir...


Quand ? Le 15 mars 2024 à 19h30

Où ? La Maison des Mégalithes de Wéris

Place Arsène Soreil, 7, 6940 - Wéris

Infos et réservations 086 21 02 19 ou info@megalithes-weris.be

Lien : https://www.megalithes-weris.be/agenda-afficher.php?a=106

mercredi 15 novembre 2023

Présentation du roman historique : "Un poète au palais"

C'est avec grand plaisir que je vous annonce la réédition au format "livre de poche" de mon roman « Un poète au palais », écrit sous le pseudonyme de Jacquy Mengal.

Le récit met en scène Florian, un jeune esclave récemment affranchi, qui est le témoin et l'acteur d'une aventure où la fiction se mêle à l'histoire authentique. Son périple le conduira de Bordeaux à Trèves en compagnie de son ancien patron, le poète Ausone, devenu son ami, et de sa famille.
Cette tranche de vie se déroule au IVe siècle, dans une Europe en plein bouleversement où les cultures latine et germanique se rencontrent. Un temps où les grands flux migratoires venus de l'Est font vaciller les fondements de l'Empire romain que d'aucuns croyaient éternel. Mais, ce fut aussi une époque de transition, lorsque l'Antiquité païenne céda la place au Moyen Âge chrétien.

Bien que l'histoire se déroule à la fin de l'Antiquité romaine, le lecteur ne manquera certainement pas de reconnaître quelques similitudes entre les préoccupations des hommes de l'époque et celles que nous rencontrons aujourd'hui. Comme dit le proverbe : « Rien de nouveau sous le soleil ».

Je vous souhaite, d'ores et déjà, une bonne lecture à tous et toutes !

Ph. Laval (Jacquy Mengal)

mardi 2 mars 2021

Un empire trop vaste pour un seul homme

Témoins numismatiques d'un pouvoir partagé

Introduction

Bien que l'Empire romain ait été gouverné par un nombre important d'empereurs soutenus par le Sénat, les magistrats et l'armée, le partage du pouvoir impérial a quelquefois été nécessaire afin d'administrer au mieux ses vastes territoires.

A son apogée, l'Empire s'étendait, en effet, du nord de l'Angleterre au sud de l'Egypte et du Maroc aux limites de l'ancienne Mésopotamie.

Depuis la fin de la République et avec le gain des nouveaux territoires conquis par Jules César, Rome était bien consciente de la nécessité de devoir partager la gouvernance d'un empire devenu trop grand pour un seul homme. Ainsi, certains empereurs légitimes, et même des usurpateurs, ont été assistés d'un ou plusieurs collègues qui étaient le plus souvent des amis ou des proches du Prince.

Cette répartition du pouvoir était devenue la norme, lorsque le système de la Tétrarchie fut mis en place à la fin du IIIe siècle. Si les deux empereurs portaient alors le titre « d'Auguste »1, leurs collègues étaient nommés « Césars »2 ; ces derniers devenant à leur tour « Augustes », après l'abdication ou la disparition des premiers, quand la succession se déroulait comme prévu.

Quoique cette manière de gouverner à quatre n'ait fonctionné qu'une vingtaine d'années (293 à 311), Constantin le Grand, puis la plupart des empereurs du Bas-Empire conserveront en partie ce système collégial jusqu'à la fin de l'Antiquité tardive.

Il va sans dire que cette répartition du pouvoir se reflète également sur le monnayage impérial ou provincial, et de nombreuses monnaies, qu'elles soient en or, en argent ou en bronze attestent cette réalité historique.

Quelques exemples du début du Principat à la division de l'Empire3

Déjà à la fin de la République et après une période de guerres civiles, les héritiers politiques de Jules César décidèrent de former un second triumvirat4 pour une durée de cinq ans qui fut reconduite pour la même période. Octave, le petit neveu héritier légitime du dictateur reçut l'Occident, Marc Antoine, fidèle partisan de César, l'Orient, et Lépide, son maître de cavalerie, l'Afrique.

Denier de Marc Antoine et Octave, 41 av. J.-C., Ephèse


A/ M. ANT. I(MP). (AV)G. III. VIR. R.P.C.M. BARBAT QP.

Tête nue de Marc Antoine à droite (O°).

R/ CAESAR IMP. PONR. III. VIR.R.P.C.

Tête nue d'Octave à droite (O°).

Réf. : 3,85gr. ; Ø 20 mm ; RRC. 517/2 ; RSC. 8

Source 1° : © CGB Numismatique Paris

Après sa victoire sur Marc Antoine et Cléopâtre lors de la bataille navale d'Actium en 31 av. J.-C., Octave resta seul maître et obtint du Sénat le titre et le nom d'Auguste en 27 av. J.-C. La République avait désormais cédé la place au Principat avec Octave Auguste comme chef suprême à la tête du nouvel Empire.

Marcus Agrippa, son fidèle ami, considéré comme le collègue de l'Empereur, reçut l'Imperium5 comme Octave, mais il préféra toujours rester dans son ombre.

La cité de Nîmes, qui avait accueilli une colonie de vétérans revenus d'Egypte, fera frapper une série de dupondii6 où figurent au droit les têtes d'Auguste et Agrippa, ce dernier ayant joué un rôle prépondérant dans la victoire remportée lors de la bataille d'Actium.

Dupondius de Nîmes, 10 à 14 ap. J.-C., Nîmes


A/ IMP DIVI F P P (Imperator Divi Filius Pater Patriae - Empereur fils du divin père de la Patrie).

Têtes adossées d'Auguste laurée à droite et d'Agrippa à gauche portant la couronne rostrale d'or, récompense suprême pour ses exploits militaires.

R/ COL-NEM (Colonia Nemausus- Colonie de Nîmes)

Crocodile à droite enchaîné à un palmier. Le palmier est orné de deux bandelettes flottantes à droite. Au pied poussent deux rejets à gauche et à droite.

Réf. : 12,9 gr. ; Ø 27 mm ; RIC. 160 ; C. 10 (vente 2008)

Source 2° : © Numismatica Ars Classica

La période antonine nous a également offert un autre bel exemple de partage du pouvoir qui s'est bien déroulé.

A la mort d'Antonin le Pieux, Marc Aurèle et Lucius Verus, ses deux fils adoptifs, lui succédèrent et devinrent co-empereurs de 161 à 169. Si tous deux avaient reçu l'Impérium et le même titre d'Auguste, Marc Aurèle, qui avait dix ans de plus que son frère adoptif, garda néanmoins la prééminence. Mais sa sagesse et l'union de sa fille Lucilla avec Lucius Verus contribueront au maintien d'une entente cordiale entre les deux souverains. Marc Aurèle ayant assuré seul le pouvoir impérial à la mort de son collègue, et ce jusque l'an 180.

Aureus de Lucius Verus, 161, Rome

A/ IMP CAES L AVREL VERVS AVG

Tête nue de Lucius Verus à droite

R/ CONCORDIAE AVGVSTOR // COS II

Marc Aurèle et Lucius Verus debout face à face, se serrant la main et tenant chacun un parchemin roulé dans la main gauche.

Réf. : 7,2 gr. ; Ø 20 mm ; RIC. III 449 var ; C. 43 var (vente 2009)

Source 2° : © Numismatica Ars Classica

La période de troubles et d'anarchie militaire qui survint durant la seconde moitié du IIIe siècle fut propice à l'arrivée de plusieurs usurpateurs, dont certains n'avaient d'autre ambition que celle de défendre leurs provinces en proie aux révoltes des bagaudes7 et aux incursions barbares.

Alors que l'empereur légitime de Rome n'arrivait plus à faire face aux multiples assauts qui menaçaient d'ébranler les frontières de l'Empire, le gouverneur d'Aquitaine, Caius Pius Esuvius Tetricus, usurpa la pourpre en l'an 271. Il fut acclamé par les légions rhénanes pour prendre la défense de l'Empire des Gaules contre les Barbares. L'usurpateur régna à Trèves pendant trois ans avec son fils, Tetricus II, qu'il nomma César, jusqu'à leur reddition devant l'Empereur Aurélien en 274. L'épisode de l'Empire des Gaules (260-274) prit fin et l'unité de l'Empire fut rétablie.


Antoninien de Tetricus Ier, 272-273, Cologne

A/ IMP [TETRICV]S PF AVG

Buste radié et visage barbu à droite

Réf. : 2,16 gr. ; Ø 18 mm ; RIC. 88

Source 3° : collection privée

Antoninien de Tetricus II, 272-273, Cologne

A/ [C P]IV ESV [TETR]ICVS CAES

Buste radié et visage imberbe à droite

Réf. : 1,24 gr. ; Ø 15 à 19 mm ; RIC. 270

Source 3° : collection privée


L'accession au pouvoir de Dioclétien en 284 permit à l'Empire de se relever de la crise du IIIe siècle. Bien qu'il ait autorisé une persécution contre les chrétiens, principalement en Orient, qui dura une dizaine d'années (303 à 313), l'Empereur entreprit néanmoins de grandes réformes civiles, militaires et monétaires qui donneront véritablement un second souffle à l'Empire.

Il choisit d'abord Maximien Hercule comme césar en 286 pour le seconder en Occident, puis il mit en place l'ingénieux système de gouvernance à quatre, appelé la Tétrarchie, en 293. Ainsi, lui-même et son collègue, qu'il nomma Auguste, désignèrent chacun un césar qui leur fut subordonné. Tous les quatre dirigèrent un quart de l'Empire et il fut convenu que les deux césars devinrent à leur tour augustes au bout de vingt ans. Dioclétien nomma Galère pour l'assister en Orient, tandis que Maximien Hercule choisit Constance Chlore pour le seconder en Occident.

Avec ce système, Dioclétien était parvenu à repousser avec succès les ennemis de l'Empire et à maintenir les frontières du limes.

Fidèles à leur engagement, les deux augustes abdiquèrent comme prévu et Dioclétien se retira dans son palais de Split en 305. Constance Chlore devint alors Auguste et choisit Sévère comme césar, alors que Maximin II Daïa devint le césar de Galère.

A la mort de Constance en été de l'année 306, Sévère devint Auguste et prit comme césar Constantin 1er, le fils de Constance, acclamé par les troupes de Britannia (Angleterre). Mais, dès octobre de la même année, Maxence, le fils de Maximien Hercule, prit le pourvoir en Italie et une guerre éclata entre les tétrarques. Le système de la Tétrarchie fut abandonné peu après à la faveur de Constantin Ier qui vainquit Maxence à la bataille du pont Milvius en 312.

Argenteus de Dioclétien. 300-301, Trèves


A/ DIOCLETI-ANVS AVG

Buste lauré et cuirassé à droite, vu de trois quarts en avant.

R/ VIRTVS-MILITVM / (massue)

Les quatre princes sacrifiant au-dessus d’un trépied devant une porte de camp à six tourelles.

Réf. : Argent. 3,01 gr. ; Ø 18,5 mm ; axe des coins 6 h ; C.516 v ; RIC.123 a.

Source 4° : © iNumis (Paris)

Après de nombreuses mésententes et conflits entre les différents héritiers de la Tétrarchie, Constantin parvint à accaparer le pouvoir sur l'ensemble de l'Empire en 324. Son règne très long (306 à 337) lui donna l'occasion de réaliser de nombreuses réformes. En outre, le christianisme fut désormais autorisé grâce à son édit de tolérance promulgué en 313.

Il créa également un nouveau système monétaire basé sur le solidus. Cette monnaie d'or, d'un poids de 4,55 gr., remplaça l'aureus, et la silique le denier d'argent.

Il éleva ses trois fils au césariat pour le seconder, puis ses neveux Flavius Dalmatius et Flavius Hannibalianus en 335. Constantin II reçut l'Occident, Constant 1er, l'Italie, la Pannonie et l'Afrique, et Constance II la partie orientale de l'Empire et l'Egypte. Les neveux de Constantin Ier devant se satisfaire de quelques territoires8 éparses.

Ensuite, Constant récupéra la part de Constantin II, après son élimination en 340, puis l'Empire revint à Constance II, lorsque l'usurpateur Magnence, qui avait éliminé Constant en 350, fut poussé au suicide après sa défaite de la bataille de Mons Seleucus9 face à l'armée de Constance II.

Ce dernier garda la main sur l'Orient et désigna son cousin, Julien, dit « le Philosophe », comme César en 355 pour gouverner l'Occident toujours menacé par les incursions barbares. Julien, seul rescapé du massacre de sa famille perpétré par les héritiers de Constantin Ier, deviendra Empereur après la disparition de Constance II en 363.

Solidus de Constance II, 353-354, Thessalonique


A/ DN CONSTANTIVS-MAX AVGVSTVS

Buste diadémé, drapé et cuirassé de Constance à droite, vu de trois quarts en avant.

R/ GLORIA-REI-PVBLICAE // TESS

Rome et Constantinople assises de face sur une banquette tenant ensemble un bouclier sur lequel est inscrit : « VOT/XXX/MVLT/XXXX en quatre lignes.

Réf. : 4,24 gr. ; Ø 21,5 mm ; RIC. 154 (R4)

Source 1° : © CGB Numismatique Paris

Cette magnifique monnaie d'or révèle un autre évènement important survenu durant le règne de Constantin Ier (le père de Constance II). Au revers figure, en effet, une allégorie où la Tyché10 Roma est assise à côté de la Tyché de Constantinopolis, la nouvelle capitale de l'Empire d'Orient fondée en 330 par Constantin Ier.

Le choix de cette nouvelle capitale présagera la division future de l'Empire entre l'Occident et l'Orient.

La dynastie constantinienne s'éteignit avec la disparition de Jovien, le successeur de Julien, en 364.

Une assemblée de dignitaires et d'officiers supérieurs se réunit alors sans tarder pour désigner Valentinien comme nouvel Empereur. Celui-ci était un officier pannonien de haut rang, déjà attaché à la maison impériale.

Dès sa nomination, il choisit son frère cadet, Valens, comme co-empereur pour gouverner la partie orientale de l'Empire.

A la mort de Valentinien Ier en 375, ses deux fils lui succédèrent. Gratien devint Empereur d'Occident et son demi-frère, Valentinien II, se vit attribuer l'Italie, la Pannonie et l'Afrique, tandis que Théodose Ier fut désigné par Gratien pour prendre la succession de son oncle Valens, tué lors de la bataille d'Andrinople en 378.

Avec l'élimination de Gratien par l'usurpateur Maxime en 383, puis l'assassinat de Valentinien II, âgé seulement de 21 ans, en 392 par Arbogast, le maître de la milice de Théodose en charge d'administrer l'Occident, la dynastie valentinienne prit fin.

Solidus de Valentinien Ier, 364, Thessalonique


A/ DN VALENTINI-ANVS PF AVG

Buste diadémé, drapé et cuirassé de Valentinien à droite, vu de trois quarts en avant.

R/ VICTOR-IA AVGG/-/-// SMTES (la victoire des augustes)

Valentinien et Valens diadémés et vêtus de la robe consulaire assis de face sur un trône, tenant ensemble, un globe orné ; derrière eux, la victoire debout de face les ailes ouvertes.

Réf. : 4,41 gr. ; Ø 21 mm ; axe des coins 6 h ; RIC. 4 a1

Source 1° : © CGB Numismatique Paris

Si Théodose 1er fut un des trois co-empereurs11 de la période située entre 379 et 392, il sera aussi le dernier à gouverner un empire unifié, jusqu'à sa mort au début de l'année 395.

Ayant reçu la partie orientale de l'Empire, il s'installa à Constantinople dès le début, puis à Milan vers la fin de son règne.

Il encouragea fortement l'expansion du christianisme trinitaire, en fermant les temples païens et en favorisant la foi catholique au détriment de la doctrine arienne. Son règne est également caractérisé par une dévaluation monétaire qui eut notamment comme conséquence le rognage des siliques d'argent.

Après sa mort, l'Empire, qu'il avait réussi à maintenir uni, fut définitivement divisé et partagé entre ses deux fils. Arcadius reçut l'Orient et Honorius l'Occident ; mais c'est Stilicon, un Vandale romanisé, qui veillera sur les deux jeunes empereurs.

Nummus Ae3 d'Arcadius, 406-408, Cyzique



A/ DN ARCADI-VS PF AVG

Buste diadémé, drapé et cuirassé à droite, une étoile derrière.

R/ GLORI-A ROMA-NORVM // SMKA

Trois empereurs (Arcadius, Honorius et Théodose II) debout de face tenant une haste et appuyés sur leur bouclier pour les deux à l'extérieur. Celui du milieu tient uniquement une haste.

Réf. : 1,83 gr. ; RIC. X 148 (C2) ; n° NBD : 62807 (collection privée)

Source 5° : Nvmmvs-bible II


6° Carte de l'Empire divisé en 395. En rouge la partie occidentale dévolue à Honorius et l'autre partie orientale (en mauve) à Arcadius. L'Empire d'Occident disparut en 476, sous la pression des Barbares, tandis que la partie orientale subsistera jusqu'en 1473 sous le nom d'Empire byzantin.

Notes et références :

  1. Auguste : d'abord titre religieux, ce nom fut attribué à Octavien par le Sénat en -27. Ensuite, il sera porté par les empereurs.

  2. César : d'abord cognomen du dictateur Jules César, ce nom devint un titre porté par les empereurs. Le césar étant subordonné à l'auguste.

  3. Loin d'être une liste exhaustive, ces quelques exemples illustrent bien ce partage du pouvoir.

  4. Triumvirat : alliance politique de trois chefs pour partager la gouvernance sous la République..

  5. Imperium : pouvoir civil et militaire suprême réservé aux empereurs et à certains magistrats.

  6. Dupondii : le pluriel de « dupondius », est une monnaie en bronze valant un demi sesterce. Coupée en deux, chaque partie valait alors un as.

  7. Bagaudes : nom attribué aux bandes armées qui ravageaient le nord-ouest de la Gaule au cours de la seconde moitié du IIIe siècle et au IVe siècle. Ils ont été combattus au même titre que les Barbares.

  8. Ces territoires sont la Thrace, l'Achaïe et la Macédoine pour Dalmatius, et le diocèse du Pont pour Hannibalianus.

  9. Mons Séleucus est situé à La Bâtie-Montsaléon dans les Hautes-Alpes, en France.

  10. La Tyché est la divinité de la fortune d'une cité ou d'un Etat. Ses attributs sont la corne d'abondance et la couronne pour la Tyché de Constantinople, et le casque pour celle de Rome.

  11. Co-empereur avec Gratien jusqu'en 383, avec Valentinien II jusqu'en 392, avec Maxime jusqu'en 388 et finalement avec l'usurpateur Eugène jusqu'en 394.

Je tiens à remercier les différents sites consultés pour leurs crédits photos.

Source des illustrations :

1° https://www.cgb.fr/

2° http://www.ancient-roman-coin.com/

3° Collection personnelle

4° https://www.inumis.com/

5° https://www.nummus-bible-database.com/monnaie-18686.htm

6° Carte de l'Empire divisé en 395 (source Wikipédia, domaine public).

(Article publié en mars 2021 dans le bulletin du Cercle numismatique du Val de Salm en Belgique).

Ph. Laval