Présentation

Même si l'Antiquité romaine fut une période rude et souvent implacable pour beaucoup d'êtres humains, nous ne pouvons nier que dans de nombreux domaines la civilisation romaine fut innovante et même fascinante. Si Rome a conquis nos terres à la force du glaive pour imposer ensuite son pouvoir sous la férule des légions et de son administration centralisée, elle nous a aussi légué sa culture et, pour ce qui nous intéresse dans ce blog, son savoir-faire en matière d'urbanisme, d'architecture et de construction. C'est précisément ce domaine des habitations romaines typiques des campagnes, les villae, que je vous invite à découvrir ensemble.

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mardi 5 novembre 2019

Les splendides mosaïques de la villa Noheda

Quelle ne fut pas la surprise de José Luis Lledo, lorsque sa pioche heurta la surface d'une magnifique mosaïque, lors de travaux de terrassement sur ses terres agricoles en 1984.
Vingt ans plus tard et après quelques démêlés avec l'Administration, une première campagne de fouilles révéla une villa romaine somptueuse qui devait appartenir à un riche négociant en vin ayant vécu au IVe siècle, et dont on ne connait pas encore le nom. Les mosaïques et les fresques mises au jour aux cours des fouilles ultérieures comptent d'ores et déjà parmi les plus vastes et les mieux conservées de l'Antiquité tardive.

La villa romaine, située à quelque dix-huit kilomètres de la ville de Cuenca en Castille-La Manche et à deux cents kilomètres à l'est de Madrid, s'étend sur une superficie estimée à près de dix hectares. Seule une petite partie du site a été fouillée à ce jour, mais les découvertes exceptionnelles qui y ont déjà été réalisées laissent supposer qu'il s'agissait d'une résidence très riche. De nombreuses sculptures taillées dans plus de trente marbres différents ont été retrouvées dans les ruines.
Pour le professeur Miguel Angel Valero, l'archéologue responsable des fouilles, les campagnes à venir réservent d'autres surprises agréables.

La villa a été bâtie sur un terrain légèrement en pente, délimité au sud par le ruisseau Chillaron, et abrité au nord par la colline de la Cuesta de las Herrerias. La villa porte le nom du district de Noheda tout proche, mais elle se trouve sur le territoire de la municipalité de Villar de Domingo Garcia.
Le matériel récolté permet de dater l'occupation du site du Ier siècle au VIe siècle de notre ère, mais les vestiges les plus importants sont incontestablement les mosaïques figuratives datées du IVe siècle.

Une mosaïque de 230 m2 couvre une pièce rectangulaire d'une superficie de quelque 300 m2 qui semble avoir été un triclinium. Cette salle est entourée de trois exèdres. Le bas des murs comporte un décor en « opus sectile », et le haut est décoré de peintures murales. Les mosaïques représentent des scènes de la mythologie greco-romaine, comme le « jugement de Pâris », le « mythe de Pélops », ou « l'enlèvement d'Hélène ». On peut aussi distinguer un cortège dionysiaque accompagné de Satyres et Ménades, le tout entouré de motifs géométriques et végétaux. Une représentation d'Athéna de deux mètres de haut y figure également.

Alors que les fouilles se poursuivent toujours sous l'égide de l'Institut du Patrimoine Historique d'Espagne, le site a été acquis par le Gouvernement régional de Castille-La Manche et est désormais ouvert au grand public depuis l'été 2019.



Représentation de la mosaïque



Plan du triclinium



Vidéo de présentation




Lien vers une autre vidéo Youtube :



Novembre 2019
Ph. Laval

jeudi 1 novembre 2018

Une villa romaine en Andalousie

Découverte et situation

Mosaïque, détail.
Depuis octobre 2006, plusieurs campagnes de fouilles archéologiques se succèdent sur le site de la villa romaine de Salar, dans la province de Grenade, mettant en évidence les restes d'une villa de type méridional.
Les premiers vestiges avaient été découverts fortuitement en 2004, lors de travaux d'excavations nécessaires à la construction d'une station de traitement des eaux usées.

Située aujourd'hui au lieu-dit « Revuelta de Enciso », et juste en contre-bas de la route A-4155 qui mène à Salar, la villa se trouvait jadis non loin d'une voie romaine qui traversait la province de Bétique. Cette région du sud de l'Espagne était réputée à l'époque romaine pour ses abondantes productions de blé, d'huile d'olive et de vin.
Le domaine de la villa avait idéalement été implanté au bord de la rivière Salar, qui est devenue aujourd'hui un ruisseau.

Description

Seule un partie des vestiges a été dégagée à ce jour laissant supposer qu'il s'agit vraisemblablement d'une villa luxueuse plus étendue. Parmi les quelques pièces d'habitation mises au jour figure notamment un atrium entouré d'un péristyle avec un en son centre un impluvium. L'impluvium était alimenté par les eaux de pluie de la toiture du péristyle recueillies dans un canal périphérique situé sur le sol de l'atrium.
Du péristyle, on pouvait accéder à un déambulatoire par deux marches en marbre. Le sol du péristyle était pavé de mosaïques polychromes représentant des motifs floraux, différents animaux et des scènes de chasse.

Le déambulatoire reliait le péristyle à un triclinium. Le sol du déambulatoire possède également une magnifique mosaïque où figure une scène mythologique appelée « Thiasos marin », dont les héros n'étaient autre que Poséidon et Amphitrite. Les murs étaient couverts de fresques peintes remarquables. Le décor est fait d'une alternance de motifs végétaux à base de volutes et de feuilles d’acanthe en cercles à motifs géométriques avec des inserts tachetés en triangles inversés et une conjonction d’ovales blancs sur fond rouge semblant imiter les marbres.

Au nord-ouest et au sud-est de l'atrium se trouvent deux pièces accessibles par les deux côtés du péristyle. Leur fonction n'a pas encore pu être précisée.

Le triclinium ouvert sur l'extérieur est surélevé d'une marche par rapport au déambulatoire. Il était probablement recouvert à l'époque d'un treillis en bois ou autre. Dans le prolongement du triclinium se trouvait un nymphée relié à un bassin en U entourant presque entièrement le triclinium (voir la 1er vidéo).
Le sol du triclinium était également couvert d'une mosaïque polychrome de style géométrique, tandis que les plinthes étaient recouvertes de plaques de marbre en opus sectile. Cette mosaïque a dû être restaurée, suite aux dégâts causés par les engins de terrassements qui avaient commencé leur excavation à cet endroit.

Le nymphée construit en abside devait être pourvu d'une fontaine d'où l'eau se déversait dans le bassin en U. Deux statues de Vénus en marbre blanc ont été découvertes à cet endroit, lors des premières campagnes de fouilles. L'une représentant Vénus pudique, dont la tête et l'avant-bras droit manquent, et l'autre n'a conservé que le bas du corps. Cette seconde Vénus porte un grand coquillage au niveau de la taille dont le centre est percé d'un trou. C'est probablement cette statue qui servait de fontaine dans le nymphée.

Dernières nouvelles

Une toiture a été posée sur le site de fouilles, afin de protéger les vestiges des intempéries et des excès du soleil. Une passerelle a également été aménagée à l'intérieur pour permettre la circulation au-dessus des ruines sans gêner le travail des archéologues ni abîmer les vestiges.
D'après les dernières informations publiées récemment, la troisième campagne de fouilles a livré une troisième statue de Vénus capitoline (voir la 2ème vidéo). Cette fois la tête de la statue est intacte, alors que les pieds sont manquants.
Le classement du site en « Bien d'intérêt culturel » est envisagé par les Autorités andalouses avant la fin 2018.
Espérons que ce site nous réserve encore d'heureuses surprises à l'avenir.

(Résumé rédigé sur base du site https://villaromanasalar.com/ et d'articles de presse).

Novembre 2018
Ph. Laval

Vidéo 1



Vidéo 2